Comment cette carte est produite
Cette carte est une prédiction, pas une mesure. Elle calcule le signal qu’un téléphone devrait recevoir, à partir de la liste publique des antennes et d’un modèle de propagation radio. Personne n’est allé mesurer chaque rue du Québec. Cette page explique comment le calcul est fait, ce qu’il sait faire, ce qu’il ne sait pas faire, et comment nous le vérifions sur le terrain.
En bref
- Ce qui est calculé : le signal d’un téléphone à l’extérieur, à 1,5 m du sol, pour chaque opérateur, sur une grille de 100 m.
- D’où viennent les antennes : la base publique d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE), qui recense les antennes déclarées par les opérateurs (près de 90 000 secteurs d’antenne au Québec et dans les régions voisines).
- Comment le signal est calculé : un modèle de propagation normalisé à l’international (UIT-R P.1812), appliqué sur le relief réel du Québec, y compris les bâtiments et la forêt là où des relevés laser (LiDAR) existent.
- Ce qui n’est pas pris en compte : l’intérieur des bâtiments, la saturation du réseau aux heures de pointe, les pannes, et les petites antennes que les opérateurs ne déclarent pas.
- Quelle confiance accorder : comparée à 1 047 points mesurés sur la route, la carte se trompe en moyenne de 8 dB environ, dans un sens comme dans l’autre. C’est l’équivalent d’environ une classe sur notre échelle de couleurs. Une campagne de tests routiers est en cours pour la vérifier ailleurs.
1. Les données de départ
Les antennes
Chaque opérateur doit déclarer à ISDE les antennes qu’il exploite, avec leur position, leur hauteur, leur orientation, leur inclinaison, la fréquence et la puissance émise. Ces données sont publiques (Terrestrial Spectrum Licence Site Data Extract, Licence du gouvernement ouvert – Canada). Nous utilisons l’extrait du 31 août 2026.
Ces données brutes demandent un travail de mise en forme avant de servir :
- Valeurs manquantes ou incohérentes. Certaines déclarations omettent la hauteur, l’inclinaison ou la largeur du faisceau, ou indiquent une puissance dans une unité ambiguë. Nous les complétons par des valeurs typiques de l’opérateur et de la bande, et chaque correction reste traçable.
- Antennes sur les toits. Une antenne déclarée à moins de 3 m de hauteur est en général posée sur un toit. Nous ajoutons alors la hauteur du bâtiment, lue sur le relevé LiDAR.
- Antennes intérieures. Les antennes installées à l’intérieur (centres commerciaux, stations de métro) ne servent pas la rue : elles sont écartées du calcul extérieur.
- Antennes partagées. Plusieurs opérateurs passent par les mêmes antennes. Bell et Telus exploitent un réseau commun : un abonné de l’un utilise les antennes de l’autre. La carte les combine donc dans une couche « Bell / Telus ». Vidéotron utilise une partie des antennes de Rogers sur certaines bandes. Ces antennes sont déclarées au seul nom de Rogers, et la carte les rattache aussi à Vidéotron.
- Au-delà des frontières. Les antennes de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick et de Terre-Neuve-et-Labrador qui couvrent le Québec sont incluses.
Le relief
Le signal radio est arrêté par les collines, les bâtiments et, dans une moindre mesure, la forêt. Nous utilisons :
- le LiDAR du Québec (relevé laser aéroporté, précision métrique), qui donne le sol et ce qui est posé dessus : bâtiments, arbres ;
- là où il n’existe pas, le modèle d’élévation national de Ressources naturelles Canada (MRDEM, 30 m).
Le relief est échantillonné tous les 20 m le long de chaque trajet entre l’antenne et le point calculé.
2. Le calcul
Le modèle de propagation
Nous utilisons la recommandation UIT-R P.1812, un modèle de l’Union internationale des télécommunications conçu pour prédire la couverture des services terrestres, à travers la bibliothèque crc-covlib du Centre de recherches sur les communications (gouvernement du Canada). Le modèle tient compte de la distance, de la fréquence, du relief traversé (diffraction sur les obstacles), de la courbure de la Terre et du climat radio.
Le niveau calculé est celui qui est atteint la moitié du temps, à la moitié des emplacements d’une zone donnée : c’est une valeur typique, ni la meilleure ni la pire.
La grille
- Le Québec est découpé en mailles de 100 m. Chaque maille est calculée pour chaque antenne à portée.
- Les résultats sont ensuite regroupés en hexagones d’environ 0,1 km² (environ 350 m de large), chacun résumant 49 points de calcul.
- Au total, environ 1,7 million d’hexagones montrent au moins un opérateur, soit environ 180 000 km².
Ce qu’un téléphone reçoit vraiment : les corrections opérationnelles
Un premier calcul, purement théorique, s’est révélé trop optimiste face aux mesures routières, de 7 dB en moyenne. Quatre corrections le ramènent à ce qu’un usager obtient :
- Portée plafonnée à 14,5 km. Au-delà, même quand le signal de l’antenne arrive encore au téléphone, c’est le téléphone qui ne se fait plus entendre : il émet bien moins fort que l’antenne. Le réseau limite aussi la distance à laquelle il accepte un terminal.
- Décalage de −7 dB sur tous les niveaux, mesuré sur les relevés routiers.
- Qualité du signal (SINR). Un signal fort ne sert à rien s’il est brouillé par les antennes voisines du même réseau. Un point n’est compté couvert que si le rapport signal / (brouillage + bruit) atteint au moins −6 dB, le minimum avec lequel une connexion 4G fonctionne encore.
- Hauteur des toits ajoutée aux antennes déclarées trop basses (voir plus haut).
Le meilleur opérateur
Pour chaque point, la carte retient, pour chaque opérateur, l’antenne qui offre le meilleur signal utilisable. Une antenne au signal fort mais brouillé passe après une antenne un peu plus faible mais nette.
3. Ce que montre la carte
La grandeur affichée : le RSRP
Pour la 4G et la 5G, le niveau affiché est le RSRP (Reference Signal Received Power), en dBm. C’est la valeur qu’affichent les téléphones dans leurs menus techniques, et celle que mesurent les équipements de test. Plus le nombre est proche de zéro, meilleur est le signal.
| Classe | RSRP | Ce que cela donne en général, à l’extérieur |
|---|---|---|
| 1 — excellent | −85 dBm et mieux | tous usages, y compris la vidéo en haute définition |
| 2 — bon | −85 à −95 dBm | navigation et appels fluides |
| 3 — correct | −95 à −105 dBm | fonctionnel, débit réduit |
| 4 — faible | −105 à −115 dBm | appels et messages, données lentes ou intermittentes |
| 5 — marginal | −115 à −120 dBm | connexion fragile, peut décrocher |
| non couvert | sous −120 dBm, ou signal trop brouillé | pas de service attendu |
Lire un hexagone
Chaque hexagone résume 49 points. Deux informations se lisent ensemble :
- le niveau : celui du meilleur point de l’hexagone ;
- la part couverte : le pourcentage des 49 points où l’opérateur passe les seuils.
Un niveau élevé avec une part couverte faible signale une couverture partielle : un bord de zone, une vallée, l’ombre d’une colline. Le signal existe dans l’hexagone, mais pas partout.
Les technologies
- 4G (LTE) et 5G : la couche principale. C’est ce qui porte aujourd’hui les données et, de plus en plus, les appels.
- 3G : une couche à part, pour les deux opérateurs qui n’offrent que de la 3G, Ice Wireless (Kuujjuaq, Quaqtaq) et i-Mobile (Gaspésie, Bas-Saint-Laurent, Anticosti). Elle est exprimée en RSCP, l’équivalent 3G du RSRP, mais les deux ne se comparent pas directement : une même valeur ne veut pas dire la même chose en 3G et en 4G. Le seuil y est de −115 dBm. Cette couche ne tient pas compte du brouillage, et le décalage de −7 dB, mesuré en 4G, n’y est pas vérifié. Elle est donc moins sûre que la couche principale. La 3G des opérateurs qui ont aussi de la 4G n’est pas montrée : elle n’est pas calculée séparément, et leur 4G est ce qui sert leurs abonnés.
- 5G à 3 500 et 3 800 MHz : non montrée. Ces bandes, de très courte portée en ville, utilisent des antennes qui orientent leurs faisceaux vers chaque usager, ce que les données publiques ne permettent pas de décrire. Là où elles existent, la carte montre la couverture des autres bandes du même opérateur, qui est celle qui décide si vous avez du service.
Sur ce site, la 3G apparaît dans les classements avec la mention « 3G seulement ». Comme elle ne porte que les appels et des données lentes, et que sa prédiction est moins sûre, sa note est multipliée par 0,6 : à niveau égal, un réseau 3G passe après un réseau 4G. Elle n’entre pas dans le décompte « réseaux en bonne couverture » de la carte, mais elle compte comme du service dans les zones « sans aucun réseau ».
Opérateurs couverts
Bell, Telus, Rogers et Vidéotron, ainsi que les réseaux régionaux : SSi Mobile (communautés cries du Nord), l’Administration régionale Kativik (Nunavik), Sogetel, Ecotel, Xplore, Orion Wireless et Cogeco. En 3G seulement : Ice Wireless et i-Mobile. Les marques qui utilisent le réseau d’un autre (par exemple Fizz, Koodo, Virgin Plus, Fido, Lucky Mobile, Public Mobile) ont la couverture de leur réseau hôte : voir le tableau des réseaux et des fournisseurs.
4. Ce que la carte ne sait pas faire
L’intérieur des bâtiments. La carte prédit le signal dans la rue. Les murs, et surtout le béton, le verre traité et le métal, retirent couramment 10 à 20 dB, parfois davantage en sous-sol. Un hexagone en classe 2 peut donner une classe 4 au fond d’une maison, et rien du tout dans un stationnement souterrain.
L’intérieur d’un véhicule. La carrosserie retire en général 5 à 10 dB.
La charge du réseau. Un bon signal ne garantit pas un bon débit : à l’heure de pointe, dans un aréna ou un festival, l’antenne partage sa capacité entre tous ses usagers. La carte ne le prédit pas.
Les antennes non déclarées. Les petites cellules urbaines, les répéteurs, les antennes intérieures et les installations temporaires ne figurent pas toujours dans la base publique. Une antenne récente, ou une antenne mal déclarée, crée un écart que nous ne pouvons pas voir.
La précision du point. Le calcul est fait sur une grille de 100 m, avec un relief échantillonné à 20 m. Un mur, un talus ou un bosquet plus petit que cela n’existe pas pour le modèle. Il faut lire la carte à l’échelle d’un quartier, pas d’une adresse précise au mètre.
Les régions peu mesurées. Nos mesures de vérification viennent pour l’instant des routes du sud du Québec. Le comportement de la carte en forêt, en montagne et dans le Nord n’est pas encore vérifié sur le terrain.
5. Quelle confiance accorder à la carte
Ce que disent les mesures actuelles
La carte a été comparée à 1 047 hexagones mesurés le long des routes dans le sud du Québec, avec un analyseur dont l’antenne était placée à l’extérieur du véhicule. Les mesures trop brouillées pour être fiables (RSRQ sous −19,5 dB) ont été écartées.
| Bell / Telus | Rogers | Vidéotron | Meilleur opérateur | |
|---|---|---|---|---|
| Écart médian, mesure − carte | −0,1 dB | +3,4 dB | +1,6 dB | +1,2 dB |
| Erreur moyenne, sans le signe | 8,9 dB | 8,3 dB | 8,2 dB | 8,2 dB |
| Hexagones comparés | 865 | 736 | 712 | 1 042 |
Un écart positif veut dire que la mesure est plus forte que la carte, donc que la carte est prudente.
Comment lire ces chiffres, honnêtement :
- L’écart médian proche de zéro n’est pas une preuve. Le décalage de −7 dB a été réglé sur ces mêmes mesures. Il est normal qu’elles soient d’accord en moyenne. La vraie vérification viendra de mesures nouvelles, prises ailleurs : c’est le but de la campagne ci-dessous.
- Le chiffre qui compte est l’erreur moyenne d’environ 8 dB. En un point donné, la réalité peut s’écarter de la carte d’une classe, parfois plus. Elle se trompe dans les deux sens : un peu plus de la moitié des points mesurés sont meilleurs que prévu, les autres moins bons.
- La carte oublie parfois du signal réel. Dans environ 12 % des hexagones où Rogers ou Vidéotron a été mesuré, la carte ne montrait rien pour cet opérateur. Environ un tiers de ces cas se trouvent au-delà de la portée de 14,5 km. Pour Bell / Telus, ces oublis sont rares. La carte est donc plutôt prudente sur l’étendue des réseaux Rogers et Vidéotron.
- L’échantillon est petit et localisé : une seule région, le long des routes, en roulant.
Pour une décision qui compte
Avant de compter sur la carte pour rester joignable (randonnée, route isolée, travail en forêt), gardez une classe de marge : considérez un hexagone annoncé « correct » comme « faible ». À l’intérieur d’un bâtiment, gardez-en deux. Et dans une zone où la carte ne montre qu’un signal marginal, prévoyez un autre moyen de communication.
6. La campagne de tests routiers
Pourquoi
Une prédiction ne vaut que ce que valent ses vérifications. Nous lançons donc une campagne de mesures sur le terrain, région par région, avec trois buts :
- Mesurer l’erreur de la carte là où elle n’a jamais été vérifiée : nord, forêt, montagne, petites villes, centres-villes denses.
- Trouver les erreurs de données : une antenne absente de la base publique, une antenne mal placée ou mal orientée.
- Corriger la carte, si les mesures le justifient, de façon publique et traçable.
Ce qui est mesuré
À chaque point de mesure :
- la position GPS et l’heure ;
- l’opérateur et la cellule servante (identifiant de la cellule, bande) ;
- le RSRP, le RSRQ et le SINR pour la 4G et la 5G, le RSCP pour la 3G ;
- la vitesse du véhicule et la position de l’antenne de mesure (à l’extérieur ou dans l’habitacle).
Les règles de la campagne
- Comparer ce qui est comparable. La carte prédit le signal à l’extérieur, à 1,5 m. Une mesure prise téléphone en main dans la voiture est corrigée de la perte de l’habitacle, ou bien analysée à part.
- Écarter les mesures douteuses. Celles qui sont très brouillées (RSRQ sous −19,5 dB), prises sans GPS fiable ou à trop grande vitesse sont retirées.
- Regrouper par hexagone. Les mesures sont rassemblées par hexagone de la carte, et chaque hexagone n’est retenu qu’avec assez de mesures pour être représentatif.
- Garder séparées les mesures qui servent à corriger et celles qui servent à vérifier. Une correction réglée sur des mesures ne peut pas être vérifiée par ces mêmes mesures.
Comment la carte sera corrigée
- Pas de retouche discrète. Toute correction est décrite sur cette page, avec sa date, les mesures qui l’ont motivée et son effet.
- Une correction par cause, pas par point. Si les mesures montrent, par exemple, que la carte est trop optimiste en forêt dense, ou pour un opérateur dans une bande, la règle est corrigée partout où elle s’applique, et non hexagone par hexagone. Une carte retouchée à la main là où on a mesuré serait juste sur les routes et fausse ailleurs.
- Une correction doit tenir ailleurs. Avant d’être adoptée, une correction réglée sur une région est vérifiée sur une autre. Si elle n’y tient pas, elle n’est pas appliquée.
- Les erreurs d’antennes sont corrigées à la source : antenne ajoutée, déplacée ou réorientée dans nos données, avec une note.
- Chaque version de la carte est datée et conservée.
Participer
Les modalités de participation seront publiées sur cette page : qui peut participer, avec quel équipement ou quelle application, comment envoyer ses mesures et comment elles sont protégées et anonymisées, et comment signaler un écart ponctuel (« ici, je n’ai pas de signal alors que la carte en annonce »).
Avancement
Le suivi par région (hexagones vérifiés, erreur mesurée par opérateur, corrections appliquées) sera publié ici au fil de la campagne.
| Version | Date | Changement |
|---|---|---|
| V1 | 16 octobre 2026 | première carte, calcul théorique |
| V2 | 31 octobre 2026 | corrections opérationnelles (portée, −7 dB, qualité du signal, toits) ; couche 3G |
Avertissement
Couverture prédite par un modèle à partir de données publiques d’ISDE. Ce n’est pas une mesure. Elle ne reflète ni la capacité ni la charge du réseau, ni la couverture à l’intérieur des bâtiments. Ce n’est pas une carte officielle des opérateurs. Pour une question de service à une adresse précise, l’opérateur reste la référence.
Contient des informations visées par la Licence du gouvernement ouvert – Canada. Source : Innovation, Sciences et Développement économique Canada, Terrestrial Spectrum Licence Site Data Extract. Modèle de propagation : UIT-R P.1812, bibliothèque crc-covlib du Centre de recherches sur les communications. Relief : LiDAR du gouvernement du Québec ; MRDEM, Ressources naturelles Canada.