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Comment cette carte est produite

Cette carte est une prédiction, pas une mesure. Elle calcule le signal qu’un téléphone devrait recevoir, à partir de la liste publique des antennes et d’un modèle de propagation radio. Personne n’est allé mesurer chaque rue du Québec. Cette page explique comment le calcul est fait, ce qu’il sait faire, ce qu’il ne sait pas faire, et comment nous le vérifions sur le terrain.

En bref

1. Les données de départ

Les antennes

Chaque opérateur doit déclarer à ISDE les antennes qu’il exploite, avec leur position, leur hauteur, leur orientation, leur inclinaison, la fréquence et la puissance émise. Ces données sont publiques (Terrestrial Spectrum Licence Site Data Extract, Licence du gouvernement ouvert – Canada). Nous utilisons l’extrait du 31 août 2026.

Ces données brutes demandent un travail de mise en forme avant de servir :

Le relief

Le signal radio est arrêté par les collines, les bâtiments et, dans une moindre mesure, la forêt. Nous utilisons :

Le relief est échantillonné tous les 20 m le long de chaque trajet entre l’antenne et le point calculé.

2. Le calcul

Le modèle de propagation

Nous utilisons la recommandation UIT-R P.1812, un modèle de l’Union internationale des télécommunications conçu pour prédire la couverture des services terrestres, à travers la bibliothèque crc-covlib du Centre de recherches sur les communications (gouvernement du Canada). Le modèle tient compte de la distance, de la fréquence, du relief traversé (diffraction sur les obstacles), de la courbure de la Terre et du climat radio.

Le niveau calculé est celui qui est atteint la moitié du temps, à la moitié des emplacements d’une zone donnée : c’est une valeur typique, ni la meilleure ni la pire.

La grille

Ce qu’un téléphone reçoit vraiment : les corrections opérationnelles

Un premier calcul, purement théorique, s’est révélé trop optimiste face aux mesures routières, de 7 dB en moyenne. Quatre corrections le ramènent à ce qu’un usager obtient :

  1. Portée plafonnée à 14,5 km. Au-delà, même quand le signal de l’antenne arrive encore au téléphone, c’est le téléphone qui ne se fait plus entendre : il émet bien moins fort que l’antenne. Le réseau limite aussi la distance à laquelle il accepte un terminal.
  2. Décalage de −7 dB sur tous les niveaux, mesuré sur les relevés routiers.
  3. Qualité du signal (SINR). Un signal fort ne sert à rien s’il est brouillé par les antennes voisines du même réseau. Un point n’est compté couvert que si le rapport signal / (brouillage + bruit) atteint au moins −6 dB, le minimum avec lequel une connexion 4G fonctionne encore.
  4. Hauteur des toits ajoutée aux antennes déclarées trop basses (voir plus haut).

Le meilleur opérateur

Pour chaque point, la carte retient, pour chaque opérateur, l’antenne qui offre le meilleur signal utilisable. Une antenne au signal fort mais brouillé passe après une antenne un peu plus faible mais nette.

3. Ce que montre la carte

La grandeur affichée : le RSRP

Pour la 4G et la 5G, le niveau affiché est le RSRP (Reference Signal Received Power), en dBm. C’est la valeur qu’affichent les téléphones dans leurs menus techniques, et celle que mesurent les équipements de test. Plus le nombre est proche de zéro, meilleur est le signal.

ClasseRSRPCe que cela donne en général, à l’extérieur
1 — excellent−85 dBm et mieuxtous usages, y compris la vidéo en haute définition
2 — bon−85 à −95 dBmnavigation et appels fluides
3 — correct−95 à −105 dBmfonctionnel, débit réduit
4 — faible−105 à −115 dBmappels et messages, données lentes ou intermittentes
5 — marginal−115 à −120 dBmconnexion fragile, peut décrocher
non couvertsous −120 dBm, ou signal trop brouillépas de service attendu

Lire un hexagone

Chaque hexagone résume 49 points. Deux informations se lisent ensemble :

Un niveau élevé avec une part couverte faible signale une couverture partielle : un bord de zone, une vallée, l’ombre d’une colline. Le signal existe dans l’hexagone, mais pas partout.

Les technologies

Sur ce site, la 3G apparaît dans les classements avec la mention « 3G seulement ». Comme elle ne porte que les appels et des données lentes, et que sa prédiction est moins sûre, sa note est multipliée par 0,6 : à niveau égal, un réseau 3G passe après un réseau 4G. Elle n’entre pas dans le décompte « réseaux en bonne couverture » de la carte, mais elle compte comme du service dans les zones « sans aucun réseau ».

Opérateurs couverts

Bell, Telus, Rogers et Vidéotron, ainsi que les réseaux régionaux : SSi Mobile (communautés cries du Nord), l’Administration régionale Kativik (Nunavik), Sogetel, Ecotel, Xplore, Orion Wireless et Cogeco. En 3G seulement : Ice Wireless et i-Mobile. Les marques qui utilisent le réseau d’un autre (par exemple Fizz, Koodo, Virgin Plus, Fido, Lucky Mobile, Public Mobile) ont la couverture de leur réseau hôte : voir le tableau des réseaux et des fournisseurs.

4. Ce que la carte ne sait pas faire

L’intérieur des bâtiments. La carte prédit le signal dans la rue. Les murs, et surtout le béton, le verre traité et le métal, retirent couramment 10 à 20 dB, parfois davantage en sous-sol. Un hexagone en classe 2 peut donner une classe 4 au fond d’une maison, et rien du tout dans un stationnement souterrain.

L’intérieur d’un véhicule. La carrosserie retire en général 5 à 10 dB.

La charge du réseau. Un bon signal ne garantit pas un bon débit : à l’heure de pointe, dans un aréna ou un festival, l’antenne partage sa capacité entre tous ses usagers. La carte ne le prédit pas.

Les antennes non déclarées. Les petites cellules urbaines, les répéteurs, les antennes intérieures et les installations temporaires ne figurent pas toujours dans la base publique. Une antenne récente, ou une antenne mal déclarée, crée un écart que nous ne pouvons pas voir.

La précision du point. Le calcul est fait sur une grille de 100 m, avec un relief échantillonné à 20 m. Un mur, un talus ou un bosquet plus petit que cela n’existe pas pour le modèle. Il faut lire la carte à l’échelle d’un quartier, pas d’une adresse précise au mètre.

Les régions peu mesurées. Nos mesures de vérification viennent pour l’instant des routes du sud du Québec. Le comportement de la carte en forêt, en montagne et dans le Nord n’est pas encore vérifié sur le terrain.

5. Quelle confiance accorder à la carte

Ce que disent les mesures actuelles

La carte a été comparée à 1 047 hexagones mesurés le long des routes dans le sud du Québec, avec un analyseur dont l’antenne était placée à l’extérieur du véhicule. Les mesures trop brouillées pour être fiables (RSRQ sous −19,5 dB) ont été écartées.

Bell / TelusRogersVidéotronMeilleur opérateur
Écart médian, mesure − carte−0,1 dB+3,4 dB+1,6 dB+1,2 dB
Erreur moyenne, sans le signe8,9 dB8,3 dB8,2 dB8,2 dB
Hexagones comparés8657367121 042

Un écart positif veut dire que la mesure est plus forte que la carte, donc que la carte est prudente.

Comment lire ces chiffres, honnêtement :

Pour une décision qui compte

Avant de compter sur la carte pour rester joignable (randonnée, route isolée, travail en forêt), gardez une classe de marge : considérez un hexagone annoncé « correct » comme « faible ». À l’intérieur d’un bâtiment, gardez-en deux. Et dans une zone où la carte ne montre qu’un signal marginal, prévoyez un autre moyen de communication.

6. La campagne de tests routiers

Pourquoi

Une prédiction ne vaut que ce que valent ses vérifications. Nous lançons donc une campagne de mesures sur le terrain, région par région, avec trois buts :

  1. Mesurer l’erreur de la carte là où elle n’a jamais été vérifiée : nord, forêt, montagne, petites villes, centres-villes denses.
  2. Trouver les erreurs de données : une antenne absente de la base publique, une antenne mal placée ou mal orientée.
  3. Corriger la carte, si les mesures le justifient, de façon publique et traçable.

Ce qui est mesuré

À chaque point de mesure :

Les règles de la campagne

Comment la carte sera corrigée

Participer

Les modalités de participation seront publiées sur cette page : qui peut participer, avec quel équipement ou quelle application, comment envoyer ses mesures et comment elles sont protégées et anonymisées, et comment signaler un écart ponctuel (« ici, je n’ai pas de signal alors que la carte en annonce »).

Avancement

Le suivi par région (hexagones vérifiés, erreur mesurée par opérateur, corrections appliquées) sera publié ici au fil de la campagne.

VersionDateChangement
V116 octobre 2026première carte, calcul théorique
V231 octobre 2026corrections opérationnelles (portée, −7 dB, qualité du signal, toits) ; couche 3G

Avertissement

Couverture prédite par un modèle à partir de données publiques d’ISDE. Ce n’est pas une mesure. Elle ne reflète ni la capacité ni la charge du réseau, ni la couverture à l’intérieur des bâtiments. Ce n’est pas une carte officielle des opérateurs. Pour une question de service à une adresse précise, l’opérateur reste la référence.

Contient des informations visées par la Licence du gouvernement ouvert – Canada. Source : Innovation, Sciences et Développement économique Canada, Terrestrial Spectrum Licence Site Data Extract. Modèle de propagation : UIT-R P.1812, bibliothèque crc-covlib du Centre de recherches sur les communications. Relief : LiDAR du gouvernement du Québec ; MRDEM, Ressources naturelles Canada.